Bruit : qui est déjà Mozart?

 

La « régression de l’écoute » chez Adorno se réfère non pas à un phénomène psychologique, individuel, mais au processus dans lequel l’écoute des individus est modelée par la logique de consommation qui conduit le « public » ou la masse à un paradoxe : écouter et tirer du plaisir de l’absence même d’expérience musicale (pratiquer un instrument, apprendre à chanter, à différencier les sons, les compositions, les instruments, aller à un concert, etc.)

Ce processus « utilitaire – consommiériste » rétrécit l’écoute au point que l’on peut percevoir « du » Mozart en visionnant un clip publicitaire sans savoir de quelle partition il s’agit, quels sont les instruments, qui y jouent et … qui est Mozart. La musique utilisée dans les espaces publics (boutiques, halls de gare, hôtels, etc.) devient la matière première dans la production des bruits « de fond ».

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Penser l’écologie en lisant Walter Benjamin

Nos représentations ne dépendent pas d’une transmission naturelle ( on assiste ébahi à la biologisation des représentations et de la mémoire individuelle qui seraient « transmises » par les matériaux du corps – dont le sang et le sperme – à l’intérieur d’une « famille » réduite à une « cellule »).

Nos représentations (constitutives du langage) sont modelées par l’histoire de l’humanité et notamment par l’industrialisation et les conditions économiques qui provoquent une profonde onde de choc à la fin du 19e siècle jusqu’à nos jours. Ainsi, la reproductibilité technique dans le domaine des arts, mais aussi dans la vie quotidienne, génère des mutations majeures dans le développement des représentations, des images, du langage humains.

Walter Benjamin observe les transformations subies par la réaction individuelle en face d’une œuvre d’art. Cette dernière (depuis la fin du 19e) est d’emblée destinée à s’adresser au grand nombre (du public), et ce n’est que parce que l’oeuvre d’art est censée susciter l’intérêt de la masse qu’elle est mise en valeur et en circulation. Devant ces oeuvres d’art, la réaction individuelle perd la forme de la quête d’un unique sujet qui affronte la rencontre « sacrée » avec l’oeuvre. La réaction individuelle devant l’oeuvre d’art inclut d’emblée, comme une injonction, sa transformation imminente « en un phénomène de masse». Les individus (dont les auteurs ou les créateurs) contribuent  à ériger en « œuvre » la marchandise que des milliers, voir de millions d’individus vont acheter ou « digérer » en guise de représentations  (lorsqu’ils ne peuvent pas l’acheter matériellement, leur perception devient analogue à un achat donc à une consommation, d’où le caractère « périssable » des oeuvres que l’on observe dans la littérature, par exemple).

Ce phénomène de masse génère ses propres ruines et déchets avant même de générer une … œuvre d’art. Il devient presqu’impossible d’accéder à une autre forme de perception et de langage  détachés de ce processus. L’individu qui s’expose en portant un fragment de pensée ou une critique inédite qu’il élabore et « sauve » se voit soumis à la pression de la masse et subit dans son entourage les attaques blessantes lancées par les « défenseurs volontaires » de l’objet érigé en œuvre qui est à la fois standardisé et fétichisé. Ce processus mondial submerge les peuples, de sorte que personne ne peut dire aujourd’hui quelle serait l’oeuvre d’art qui échappera pour briller dans une nuit lointaine au milieu de nos ruines ? Qui et comment pourra faire état de ce qui est oublié, enseveli sous les ruines de ce choc entre l’oeuvre d’art et l’économie marchande ?

Benjamin alimente par la suite le travail d’Adorno qui propose de corriger la notion de «culture de masse » par l’« industrie culturelle ».

Ce processus de transformation des perceptions et représentations de l’oeuvre d’art ne peut pas être observé et compris sans les apports du matérialisme dialectique donc du marxisme que Walter Benjamin combine avec les connaissances acquises dans sa culture juive, notamment de la mystique juive.

Le processus décrit par Walter Benjamin est, de nos jours, présent dans le domaine de l’ »écologie » :  nous assistons à la guerre industrielle qui produit des chocs sur les connaissances très fines, fragmentaires et uniques concernant l’impact du modèle de reproduction industrielle-consumériste sur la planète.

Dans cette guerre industrielle, la perception individuelle est la seule capable à faire émerger des représentations inédites, singulières de ce phénomène planétaire rendu « objectivement » opaque par l’économie du marché. Or cette connaissance individuelle est d’emblée capturée et conditionnée pour contribuer à une standardisation de la perception « de masse » que l’on évoque sous l’étiquette d’écologie.

Les individus qui captent et cherchent à transmettre des fragments originaux (analogues à des oeuvres d’art) concernant l’impact de l’industrialisation sur la planète et qui résistent à la ruine de nos perceptions dans le discours opaque standardisé concernant «l’écologie »  sont marginalisés, couverts d’opprobre, décrédibilisés et rejetés dans une catégorie que Benjamin comme Marx ont identifiée sous le nom de « bohème ». La « bohème » (nom perdu de nos jours dans les greniers de notre langage) est utilisé dans les enjeux politiques comme une menace, synonyme du fou, oisif, « mal-informé », acteur du désordre ou de l’anarchie.

La classe des vainqueurs qui a la maitrise absolue de tous les discours dans le domaine de l’écologie alimentent la fantasmagorie qui fait craindre que ces « anarchistes » dépressifs, égoïstes, « à côté de la plaque » pourraient ébranler l’ordre établi par l’Etat et ses institutions et pervertir ou vicier l’opinion publique.

(Référence : L’oeuvre d’art à l’époque de par reproductibilité technique,  dont les différentes versions sont écrites entrerez 1936 et 1939)

Essai en cours d’écriture : Maria Maïlat

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Apprendre, prendre le risque de critiquer et de changer nos institutions éducatives

Apprendre est le verbe fondateur de l’humanité. Ce n’est pas à l’école que l’apprentissage est institué. Bien au contraire : l’école devrait servir la vie dans la cité et transmettre des méthodes pour que l’enfant puisse apprendre comment apprendre. Et aussi, lui donner des repères concernant les grands domaines de la culture de homo sapiens et de homo faber. 

Le métier d’enseignant ne devrait pas être attribué sur la base d’un diplôme et d’une « carrière de fonctionnaire » mais il devrait être une noble charge attribuée et assumée par chaque citoyen.

Chaque citoyen devrait avoir dans son parcours une mission d’éducation dans une ou plusieurs école(s). Chacun pourrait assumer  plusieurs centaines d’heures à accomplir dans un ou plusieurs établissements scolaires mais aussi dans la cité avec les enfants des autres. J’avais espérer que la réforme du rythme scolaire stimulerait une réflexion sur les contributions éducatives qui pourrait être inscrits dans notre vie sociale sur la commune ou dans le quartier.

Chaque citoyen aura le plaisir de participer à un cursus d’entrainement (une fois par mois) pour réfléchir avec les autres  sur l’art de transmettre, pour élaborer ses propres postures et méthodes de transmission et d’éducation des enfants des autres.  Cela favorisera sa propre capacité d’apprendre, de continuer à être ouvert aux générations à venir. Il s’inscrira dans la culture de l’intention et de la créativité et peut-être que beaucoup se rendront compte à quel point ces moments de transmission qu’il partagera avec les autres citoyens et les jeunes est une sources de vie pour lui.

De son côté, l’école devrait tenir compte de l’existence de l’enfant comme ressource et non pas comme  facteur de perturbations, troubles, objets à classer sur une échelle érigée sous l’épée de Damocles appelée aussi Echec-scolaire. Plus tard, on s’aperçoit qu’il est un des idoles de la cité puisque toute l’existence de l’enfant  qui a eu le malheur d’être noyé dans l’échec-scolaire, sera déterminé par ce mot « échec ».

L’enfant est écartelé entre deux extrêmes : l’école fermée où les enseignants règnent en maîtres absolus sans autre loi que leur propre nature dotée de conscience. Cette toute-puissance les rend fragiles et les isole: chacun est un atome sans que l’ensemble puisse former autre chose que des mini-bombe à hydrogène. On constate cette réalité si on a l’occasion d’être l’invité d’un enseignant qui tente d’ouvrir l’école et si on déjeune à la cantine des enseignants dans un lycée flambant neuf.

Une visite guidée dans le concret

Dans ces établissements scolaires new generation Made in France, il faut être équipé d’un carte à puces, car toutes les portes blindées barrent le moindre passage. Les salles de classe sont ouvertes et se referment uniquement avec ce type de carte que seul l’enseignant possède. De sorte que si un enfant est en retard, il lui est impossible d’ouvrir la porte de l’extérieur pour rejoindre ses collègues. Les portes ont une fenêtre ultra-sécurisée, incassable: on voit ce qui se passe dans la classe. On voit aussi la tête de l’élève qui reste « enfermé dehors » car une fois qu’il est dans le couloir il fait comme un rat: toutes les portes sont fermées, il ne pourra ni sortir ni entrer tant qu’un enseignant ne lui fait grâce de lui ouvrir avec sa carte magique. Rien que cette carte illustre cette toute-puissance déshumanisant la relation humaine entre les adultes et les jeunes.

Dans ces lycées tout neufs les couloirs sont conçus pour voir absolument tout de n’importe quel point comme dans ces prisons parfaites imaginées par les régimes totalitaires. Il n’y a point d’endroit pour se sentir humain ou vivant. Pas un seul coin pour s’assoir et papoter ou lire les nouvelles sur son smartphone car l’établissement est doté d’un système qui empêche les portables de capter le réseau. Du coup, les enseignants sont obligés de sortir devant l’établissement scolaire ou de s’agglutiner dans un ou deux petits carrés au fond du couloir où « ça capte ».

La salle des profs est meublé de telle façon que personne n’a envie de s’asosir: des fauteuils très bas, au forme incommode qui vous donne l’impression qu’on vous oblige de réveiller une sciatique dans le dos. Et des chaises bancales qui menacent de vous envoyer par terre. Mais tout est fait comme pour une vitrine ou une exposition universelle.

La cantine des profs est le lieu où les atomes humanoïdes que l’on appelle aussi « profs » s’agrègent dans des petits tas d’atomes. Cette agrégation se fait sur la base d’un seul principe: je fais mon petit projet contre les autres et surtout sans les élèves. Cela ne veut pas dire que je n’utilise ps la méthode participative c’est à dire que je les achemine vers ce qui est déjà un produit fini, ficelé. je leur donne la chance d’être consommateur, mais sur l’emballage, on écrit « acteurs » du projet.

Il n’est pas étonnant que les élèves prennent l’habitude de la consommation qu’ils expérimentent par ailleurs avec l’aide généreuse des médias.

Tout ce beau monde, l’école et médias ont leur bouc émissaire, alors pourquoi se mettre en question quand on peut tirer sur le pianiste : le parent.

L’expérience d’un « pas de côté » dans l’école de l’obéissance

Les élèves apprennent de suivre et d’obéir dans chaque enclos, c’est à dire dans chaque matière, le chemin balisé par l’enseignant. Et si par malheur, un enseignant change de méthode et essaie de laisse de côté le produit ficelé pour « flâner » et explorer avec les élèves un domaine plus vaste, plus accidenté comme celui, par exemple, de l’histoire-et-de-la-littérature, il se heurte aux élèves (les premiers de la classe, exemples pour les autres que les enseignants du modèle consuméristes citent comme « les meilleurs éléments »). Ces modèles d’élèves lui répond, par exemple, « Monsieur, cette question nous l’avons déjà étudiée l’année dernière avec Mme Untel, ça ne devrait plus figurer dans le programme, nous perdons notre temps. » L’enseignant et son invitée vont devoir s’exposer et risquer de se discréditer devant les élèves s’ils insistent en disant que les connaissances sont faites pour les réactiver et les mettre au travail et non pas pour les classer dans des boîtes fermées en fonction d’un programme. Ils n’arrivent même pas à finir de leur expliquer leur point de vue qu’une hilarité générale s’empare de la classe. La jolie brune qui passe pour une élève modèle et fait tourner les têtes des pubères qui l’entourent se met à bouder, car elle est venu pour le programme. Et elle se plaindra au principal qui viendra voir le professeur V. en lui reprochant qu’au lieu d’enseigner il demande aux élèves de réfléchir, ce qui les perturbe et perturbe ensuite les autres enseignants qui succèdent dans la journée et qui trouvent la classe agitée. Alors que le mot d’ordre est la continuité sans vagues, sans idées, un enchaînement de cours dispensés pour fabriquer des citoyens obéissants et respectueux de l’ordre qui savent quelle est leur place et quels sont les règles et les normes.

Petit détour pour ne pas oublier la création de la mémoire

La mémoire individuelle se structure dans les tissages des mémoires collectives, tout en recevant les nuances, les tonalités, les “strates” personnels de chaque individu. Nulle mémoire individuelle n’a de réalité si elle n’est articulée, confrontée, stimulée confortée, reconnue par la mémoire d’un groupe, d’une collectivité, d’un peuple.(1)

Tous les jours, j’apprends : j’apprends les infos en écoutant la radio ou en lisant un journal, ou bien en discutant avec un voisin… j’apprends en répondant au téléphone, mais préalablement, j’ai appris à me servir d’un téléphone; j’apprend à déguster les aliments, j’apprends à séparer un produit  toxique d’un produit comestible, j’apprends à prendre la température de l’eau… J’apprends à souffrir en exprimant ma souffrance selon la codification culturelle de ceux qui m’entourent et surtout selon ceux qui ont la pouvoir de poser les repères de la manière dont « on exprime sa souffrance ».

A l’intérieur d’une culture, j’apprends à discerner la souffrance, mais si la culture érige en idoles de la cité la souffrance, la peur, le deuil, la méfiance de l’autre (de l’étranger),cela détruit la cité. Les idoles destructeurs de la cité sont légions. D’où l’importance qu’un lieu comme l’école pense comment transmettre le plaisir d’apprendre.

Le plaisir d’apprendre dans la culture de l’intention et de la créativité

Le discernement et le plaisir d’apprendre vont de paire avec le risque à prendre pour penser la liberté et les limites de notre mode de vie.

Les mouvements de la pensée humaine ne sont pas innées et si aucune institution ne les portent, ils meurent.

L’apprentissage se définit par la transmission de la créativité puisque l’enfant vivra dans un monde qui n’existe pas aujourd’hui.

mais c’est quoi la créativité? N’est-ce pas une folie de croire que l’on « transmet » le don d’être créatif ? Certainement. Mais on pourrait transmettre les préalables ou les « conditions » ouvrant à chaque enfant le courage d’être créatif, c’est à dire de penser sans se laisser manipulé ou embrigadé dans la soumission et la peur, dans la haine de l’autre et les stéréotypes de l’animal enfermé dans un enclos. Peut-être que le mot que nous devrions repenser dans le champ de la créativité est l’amour.

Dans la vie de tous les jours, les enfants pourraient être libérés de la tyrannie des « bonnes réponses » et des « mauvaises notes » pour qu’ils entrent dans une culture de l’intention qui permet d’anticiper, d’expérimenter et donc, d’investir la vie sociale dans la classe, expérimenter la prise d’initiative, la coopération etc.

La culture de l’intention est fondée sur des méthodes qui exigent que l’enseignant soit lui-même capable de faire de choix devant et avec ses élèves et de prendre le risque de se tromper, de chercher, de construire avec les élèves. 

Formuler des intentions c’est un moment crucial de l’homme dans son accès à la capacité, ce que Ricoeur appelle la capacitation. L’intention s’apprend, se développe grâce à la mémoire. Mémoire, espérance, intention sont autant d’axes de la créativité humaine, indispensable dans l’éducation des enfants.

NOTE

(1) Nous partageons la remarque de I. Hacking sur le fait que le mot peuple est la meilleure traduction de nombreux noms dont l’Occidentaux affublent les autres civilisations : dans la majorité des langues, le nom d’une ethnie signifie peuple et souvent “premiers hommes”, dans le sens que chaque culture a une tendance centrifuge de centrage sur elle-même

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Page wide ad in Belgian newspaper « metro » today. 60th birthday Hungarian revolution: « We pay tribute to our heroes and those who have received and helped them »

https://www.reddit.com/r/europe/comments/594eck/page_wide_ad_in_belgian_newspaper_metro_today/?st=IUP50HZ3&sh=cf604fe6

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Benjamimage (1)

Rêver ta tête penchée si bas qu’il faut me mettre à genou et fermer les yeux.

Et te voir jouer aux échecs sans pouvoir toucher ton cou là où tu aimes. Tu joues aux échecs contre le petit bossu qui gagne et perd en même temps.

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Contre la biologisme dans l’éducation et le développement de l’enfant

Mens sana in corpore sano, mais on oublie que Mens était le nom d’une déesse censée donner aux enfants un esprit droit (cf. Sénèque). Mens est une des déesses obscures et essentielles que notre histoire nourrie par les Latins n’a pas retenue. Et il y a aussi deux autres dieux obscures: un donne la vie au foetus (Vitumnus) et l’autre la sensibilité (Sentinus). On ignore tout de ces dieux, mais leurs mystères posent dans la culture le caractère sacré AUTRE de l’enfant que l’on s’interdit d’assimiler au biologique comme une salade ou un bifteck. Je ne peux pas oublier cette pancarte brandie par les participants au manif’ contre le changement de la loi du mariage qui affichait une vache à côté d’un bébé et on faisait dire au bébé comme aux morceaux de la viande bovine: « moi aussi, je veux ma traçabilité ».

Voilà une histoire pour vos réunions de synthèse où l’on affuble l’enfant d’adjectifs de discrimination: « enfant naturel », « enfant biologique », « enfant adoptif », « enfant symptôme »… A ces insanités, je préfère de loin la superbe imagination des Latins. Combien de temps doit-on se crever les yeux et abimer les mots en affublant les enfants de nos stéréotypes de langage ?

Et combien de temps les magistrats continueront à valider cette violence imbécile des formules dont les évaluations/observations/rapports affublent les parents, comme par exemple, ce mot passe-partout stigmatisant : incapacité. Combien de fois ai-je lu « mère incapable » ou « père incapable » dans les rapports des professionnels en protection de l’enfance ? Jugement totalitaire. Il faudrait, peut-être, faire systématiquement appel au point d’engorger les Cours d’appel pour que la coulée de boue de ce vocabulaire soit stoppé.

La destruction de notre culture par le vocabulaire vulgaire des institutions devrait être déconstruite et remplacée par une culture philosophique de la vie ordinaire à l’encontre de l’inflation du psycho-pathologique qui brûle la vie de toute une population d’enfants avant même qu’ils puissent accéder à une enfance ordinaire.

Nul parent ne peut s’auto-instituer dans l’exercice de l’autorité parentale lorsqu’il est enterré vivant sous le vocabulaire toutpuissant institutionnel que vous pouvez lire dans les rapports des services sociaux et dans de nombreuses ordonnances rédigées par les juges des enfants. A juste titre, nombreux parents se révoltent, posent des actes de colère que les forces institutionnelles en place jugent comme « violents », « non-coopérants », « excessifs », « psycho-pathologiques »… Ou alors, les parents s’en vont et les institutions fabriquent des tas de « guides » pour que les professionnels puissent se passer de leur autorité parentale tout en « respectant la loi » (et cela s’appellera « charte », « guide des actes usuels » ou « référentiel des bonnes pratiques » car la perversité est une source inépuisable dans ces institutions).

D’autres parents entrent en clandestinité, gardent des contacts clandestins avec leurs enfants ou s’en vont, s’évanouissent et essayent de survivre en laissant l’enfant dans le filet de la « bonne institution » qui ressemble drôlement au loup déguisé en grand-mère.

Mens sana in corpore sano: et si quelques dieux obscures viendraient éclairer les stéréotypes « logiques » des professionnels pour ouvrir un petit chemin vers le logos ?

Logos : mot grec réunissant la parole à la pensée. Le logos doit rendre compte de ce qu’un discours tenu par les institutions et les décisions prises  génèrent/instituent en terme de vie ordinaire – présente et ouverte vers l’avenir – pour l’enfant.

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