Le développement, la consommation et « nous »?

« Le sous-prolétariat est constitué de ceux qui doivent consommer les forfaits et les soins contreproductifs » que leurs tuteurs (institutions, services) leur allouent.

Le système de santé est contre-productif, non pas parce qu’il n’a pas assez de moyens, mais parce qu’il n’est pas pensé et « managé » pour s’adapter aux citoyens et à l’environnement réel. Ce système institué tourne sur son axe, tourne sur ses propres « besoins internes », voire sur une dépense de plus en plus exagérée et contre-productive. (idem l’Education nationale).

Le sous-prolétariat n’est plus désigné par l’absence de moyens et l’exploitation, mais par la consommation qu’il s’impose à soi-même et par l’absence de choix (l’illusion du choix est présente sur les étalages des supermarchés sous forme d’emballage du même yoghourt ou de la même crème solaire, des produits « clonés »). Les consommateurs doivent s’auto-discpliner en suivant (comme les cochons d’élevage industriel) des circuits de consommations qui ne répondent plus à leurs désirs et ne les font plus rêver (comme du temps des premiers appareils électroménagers, par exemple) mais qui alimentent leur dépendance.

« Les privilégiés sont ceux qui sont libres de les refuser » (les circuits de consommation).

Une nouvelle conscience a pris forme durant ces dernières années : la conscience que nous ne pouvons écologiquement pas nous permettre le développement actuel, même équitable. Car même dans le développement équitable persiste toujours l’idée que derrière le mot équitable, les habitants des pays riches occidentaux veulent toujours plus pour eux-même et font des manifestations et des grèves pour réclamer encore plus de la même chose, plus de moyens, plus de services, donc plus de consommation pour eux-mêmes. Ce n’est donc pas le partage, le changement de modes de vie et donc de consommation qui agitent ces populations, mais leur propre consommation et services ( santé, éducation, voitures, prix de l’essence, loisirs) : ils veulent toujours plus.

Cela ne les empêche pas de se montrer indignés concernant les bateaux remplis de naufragés ou de s’apitoyer sur le sort des « mineurs isolés » ou sur le sort du Liban et d’autres pays ravagés par la guerre économique dont ils profitent. Et de signer des pétitions: l’attitude pétitionnaire est une des excuses à la mode, surtout pour ceux qui ne renonceraient pour rien à aucune partie de leur pouvoir d’achat.

Critique en. marge de la lecture d’Ivan Illich, cité dans ce texte.