Walter Benjamin à Portbou

Dans la petite ville de Portbou, devenue un des plus actifs  « centres » de penser et de partage dans la constellation Walter Benjamin, se déroule en automne l’Ecole d’été initié par Pilar Parcerias et la Fondation Angelus Novus. Les échanges se déroulent en français, en catalan et en aragonais. De nombreux contributeurs ouvrent leur espace de lecture, de traduction et de réflexion dans une ambiance agréable et au cours des jours et des soirées bien remplies où le temps de la flânerie est en quelque sorte « volé » tôt le matin ou tard la nuit.

En 2019, L’Ecole d’été de Portbou a initié la présentation des livres inédits qui sont le prolongements de ce « laboratoire » où la philosophie et les arts se croisent. Ainsi, fut présenté le libre édité en français et en catalan de Maria Maïlat imaginant un dialogue à Portbou entre Walter Benjamin et son grand ami et contradicteur Bertold Brecht. Le dialogue écrit sous une forme de pièce de théâtre a été mis en voix dans le cadre de l’Ecole d’été en catalan par deux poètes, acteurs et philosophes / Carles Duarte et Vincenç Altaio, La scénographie a été réalisé par Guillén. La traduction en catalan a été réalisée par Anna-Maria Corredor. Le lancement du dialogue Walter Benjamin – Brecht a été l’occasion d’une rencontre autour de Maria Maïlat : elle a mis deux ans à écrire ce dialogue constitué presqu’intégralement des fragments tirés des oeuvres de ces deux amis. Le livre est aussi une « mise en mouvement » de la philosophie construite par Walter Benjamin à l’endroit de la citation :

« Dans la citation qui sauve et qui châtie, le langage apparaît comme matrice de la justice.(…) Devant le langage, les deux domaines — origine et destruction — se justifient par la citation. Et inversement, le langage n’est achevé que là où ils s’interpénètrent dans la citation. En elle se reflète le langage des anges, dans lequel tous les mots, tirés du contexte idyllique du sens, sont transformés en épigraphes du Livre de la Création.» (W.B. – Karl Kraus, Œuvres, II, Editions Gallimard, traduction Maurice de Gandillac).

Benjamimages