Benjamin sur la route (fragment)

Dans un texte de 1936, Walter Benjamin compare le fascisme et le communisme :

« Voilà pour ce qui concerne l’esthétisation du politique, que cultive et exploite le fascisme. Le communisme lui répond par la politisation de l’art»  Il s’agit du dernier paragraphe de la THÉORIES DU FASCISME ALLEMAND (à propos du collectif Guerre et Guerriers édité par Ernst JÜNGER)

Dans ce même texte (chapitre IV), Benjamin définissait « l’art pour l’art » comme «théologie de l’art».

Pour Walter Benjamin l’étude de l’esthétisation entre dans un mouvement dialectique avec l’étude de la politisation de l’art. Les deux sont « pris » dans le système gémellaire  (fascisme communiste). Continuer à produire une littérature et une critique littéraire qui se revendiquent « autonomes » décrochées de toute contingence et réalité politique est impossible. On ne peut avancer sans une philosophie de la connaissance qui inclut la réflexion sur l’art et donc, sur la littérature.

Le 25 avril 1930, il écrit à Scholem: « … mes récentes et passionnantes rencontres avec Brecht. L’idée court ici de démolir Heidegger dans le cadre d’un tout petit groupe de lecture critique que Brecht et moi dirigerions au cours de l’été. Mais Brecht, assez mal en point, est malheureusement à la veille de partir et seul je ne m’en chargerai pas ».

Le 20 juillet 1938, il écrit de Skovbostrand à Gretel Adorno : « … je tombai l’autre jour sur un numéro de l’« Internationale Literatur » où je figure, suite à un passage de mon travail sur les Affinités électives, comme un partisan de Heidegger. Grande est la misère de cette littérature.»

Benjamin qui tente de miner les « sentiers » et les « fondations » que Heidegger bétonne partout convaincu que le système nazi renaîtras de ses propres cendres et aura besoin de son héritage « philosophique », Heidegger qui hait les juifs et encore plus les penseurs juifs, fait diversion dans la misère des années 1930 au point que son plus pertinent ennemi, le seul qui aurait pu tenir un digue ferme contre les influences de Heidegger qui sont encore aujourd’hui dominantes, Benjamin se voit affublé de « partisan » de Heidegger.

Grande est la misère de cette « littérature » comme celle publiée récemment en France Par un certain Eilenberger qui obtient même le prix due l’essai philosophique. (cf. « Le tempos des magiciens »). Ailleurs, Maria Maïlat a fait la critique argumentée de ce livre.

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